La gamme Cloudmonster a totalement bouleversé l’image de la marque suisse On. En bousculant les codes historiques de la firme avec un maximalisme assumé, les deux premières versions ont conquis les coureurs à la recherche de protection et de look. Pour cette nouvelle mouture, On avec la On Cloudmonster 3 propose une refonte qui ambitionne de marier le rebond spectaculaire de la V1 et le volume d’amorti de la V2.
Que vaut réellement ce modèle sur le bitume ? Les promesses d’un amorti « sur un nuage » cachent-elles une rigidité persistante ou un poids trop élevé ?
Depuis 1 mois maintenant je teste cette paire entre Marseille et Paris.
Voici notre test complet et avis détaillé sur la On Cloudmonster 3.

Fiche technique de la On Cloudmonster 3
Pour bien analyser les évolutions de ce cru, penchons-nous sur les caractéristiques chiffrées de la bête. S’il n’y a pas de révolution majeure sur les dimensions globales, la géométrie interne a subi un sérieux recalibrage.
- Poids : 295 g (taille 42,5 Homme) | 258 g (taille 39 Femme)
- Épaisseur de la semelle (Stack) : 35 mm au talon / 29 mm à l’avant-pied
- Drop : 6 mm
- Semelle intermédiaire : Mousse Helion™ à double densité + plaque Speedboard® en nylon
- Amorti : Technologie Triple-layer CloudTec® (trois couches d’alvéoles)
- Usage : Entraînements quotidiens, footings de récupération, sorties longues sur route et chemins stabilisés
- Prix de vente conseillé : 200 € chez On Running

Les grandes nouveautés par rapport à la Cloudmonster 2
Pour comprendre la direction prise par On, il faut regarder ce qui se cache sous le pied. La marque ne s’est pas contentée d’un simple lifting esthétique.
1. La configuration Triple-Layer CloudTec
C’est l’argument phare de ce modèle. Là où la version précédente superposait deux rangées d’alvéoles, la Cloudmonster 3 passe à une triple couche de « Clouds » intégrée dans la mousse Helion. L’objectif affiché est d’augmenter la phase de compression contrôlée à l’impact pour mieux dissiper les chocs verticaux, tout en limitant l’affaissement de la semelle.
2. Un profil de bascule (Rocker) accentué
On a retravaillé la courbure de sa semelle. Le biseau au niveau du talon est plus latéralisé et relevé, tandis que la bascule avant démarre plus tôt. Cette géométrie est pensée pour compenser la rigidité de la semelle et forcer une transition rapide vers l’avant-pied, idéale pour réduire la fatigue musculaire sur les quadriceps lors des sorties de plus de 15 kilomètres.
3. Une empeigne en mesh technique recalibrée
La tige abandonne les volumes parfois trop généreux et flottants de la V2. Le nouveau mesh tissé se veut plus enveloppant, avec une languette attenante (gusseted tongue) et un rembourrage de col de talon densifié pour améliorer le verrouillage du médio-pied.
Test terrain : Quelles sensations en course ?
L’illusion du moelleux : Un amorti ferme et structurant
Ne vous laissez pas tromper par la hauteur de la semelle ou par le marketing des « nuages ». Si l’absorption des chocs est bel et bien au rendez-vous, la sensation sous le pied reste ferme et rigide. La mousse Helion (un mélange d’EVA et de polymères d’oléfines à blocs) n’a pas le comportement spongieux ou rebondissant des mousses PEBA de dernière génération que l’on retrouve sur les modèles de compétition.
Cependant, et gros point fort de la paire après 1 mois d’essai. Cette fermeté se traduit par une stabilité exemplaire. Contrairement à d’autres modèles « max cushion » du marché qui ont tendance à s’affaisser vers l’intérieur ou l’extérieur, la Cloudmonster 3 guide parfaitement le pied. La compression des alvéoles CloudTec est progressive : on ressent un léger enfoncement initial, immédiatement stoppé par la rigidité de la plaque Speedboard en nylon. C’est une excellente option pour les coureurs de plus de 85 kg qui s’écrasent habituellement dans les modèles trop mous.

Dynamisme et polyvalence aux allures intermédiaires
Grâce au rocker très prononcé, la chaussure est loin d’être pataude. Dès que l’on se cale à une allure de croisière (allure marathon ou tempo léger), la bascule vers l’avant prend le relais et fluidifie la foulée. La transition talon-orteils se fait sans effort excessif.
En revanche, dès que l’on tente d’accélérer sous les 4’00/km ou de faire du fractionné court, les limites structurelles apparaissent. Avec près de 300 grammes sur la balance en taille standard, le poids se fait sentir et l’absence de retour d’énergie de la mousse rend le cycle de foulée exigeant. Elle reste un « daily trainer » (chaussure d’entraînement quotidien) axé sur la régularité plutôt qu’un monstre de vitesse.

Ergonomie et chaussant : Le casse-tête de la pointure
S’il y a un point qui divise les testeurs sur cette version, c’est bien le fit. On running semble avoir des difficultés à stabiliser ses grilles de tailles d’un modèle à l’autre.
La Cloudmonster 3 taille longue et plutôt large à l’avant-pied (toebox), tout en affichant un cou-de-pied assez bas en raison de la construction de sa languette fixe. Les coureurs aux pieds fins risquent de nager à l’avant et de devoir serrer les lacets à l’excès, ce qui crée des points de pression désagréables sur le dessus du pied.
Notre conseil sizing : Si vous étiez à l’étroit dans la V2, restez sur votre taille habituelle. Si vous avez un pied standard à fin, nous vous recommandons vivement de choisir une demi-pointure en dessous de votre taille de running habituelle pour éviter les glissements de talon.
Pour ma part je chausse du 45 en chaussures standard et je prends du 46,5 en chaussures de running. Pour cette paire j’ai donc pris 46.
On Cloudmonster 3 vs La Concurrence
Pour vous aider à situer ce modèle dans le paysage ultra-concurrentiel des chaussures maximalistes, voici un comparatif face aux références actuelles du marché :
| Modèle | Poids (H) | Drop | Type d’amorti | Points forts |
| On Cloudmonster 3 | 295 g | 6 mm | Ferme / Structuré | Stabilité, qualité des finitions, effet bascule |
| ASICS Novablast 5 | 255 g | 8 mm | Moelleux / Rebondissant | Dynamisme, légèreté, rapport qualité-prix |
| Brooks Glycerin Max 2 | 310 g | 6 mm | Ultra-moelleux | Confort absolu, protection articulaire |
Si vous cherchez un amorti moelleux et « pépère », la Brooks sera supérieure. Si vous cherchez la polyvalence et la légèreté pour intégrer des séances de vitesse, la Novablast l’emporte. La On se positionne comme le choix de la stabilité et de la durabilité pour ceux qui détestent l’effet « gélatine » des mousses modernes.
La gamme On Cloudmonster 3 : Comment s’y retrouver ?
Pour cette génération, la marque a segmenté son offre en trois versions bien distinctes. Il est crucial de ne pas vous tromper de modèle selon votre pratique :
- Cloudmonster 3 (Version testée) : Le modèle polyvalent par excellence. Équipé d’une plaque nylon Speedboard et de la mousse Helion classique. Idéal pour faire 80% de vos sorties hebdomadaires.
- Cloudmonster 3 Hyper : La déclinaison « Super Trainer ». Elle abandonne la plaque rigide mais intègre la mousse Helion™ HF (base PEBA), la même que sur les modèles de compétition de la marque. Le stack grimpe à 45 mm au talon. Elle est beaucoup plus moelleuse, plus légère (271 g) et offre un retour d’énergie nettement supérieur, mais son prix s’envole à 230 €.
- Cloudmonster 3 Hyper LightSpray : La version vitrine technologique. La tige est directement « pulvérisée » par un bras robotisé d’un seul tenant, sans coutures ni lacets. Un modèle d’exception ultra-léger (190 g) destiné aux coureurs de moins de 85 kg recherchant l’exclusivité absolue pour les sorties rythmées.
Les points forts et points faibles en résumé
Avantages
- Stabilité remarquable pour un profil maximaliste de 35 mm de stack.
- Effet de bascule (rocker) très efficace qui soulage les mollets et les quadriceps sur sortie longue.
- Qualité de fabrication premium : le mesh est résistant et les finitions intérieures limitent les frottements.
- Excellente adhérence de la semelle extérieure en caoutchouc, même sur bitume mouillé ou chemins de parc.
- Grand choix de coloris
Inconvénients
- Prix élevé (200 €) pour une chaussure d’entraînement quotidien qui n’embarque pas de super-mousse.
- Ressenti ferme qui pourra décevoir les amateurs de confort douillet.
- Poids de 295 g qui se fait ressentir dès que l’allure augmente.
Notre verdict : Faut-il craquer pour la Cloudmonster 3 ?
La On Cloudmonster 3 n’est pas une révolution, mais une optimisation rigoureuse de la formule précédente.
Elle conserve l’ADN de la gamme avec une protection indéniable contre les chocs et un look ravageur, tout en améliorant la fluidité de la transition de foulée grâce à son nouveau profil de bascule.
Cependant, son positionnement tarifaire à 200 € la place face à des concurrents redoutables qui proposent des mousses plus modernes et plus légères. Elle reste une valeur sûre si vous appréciez les sensations de course fermes, les chaussures stables et que vous cherchez un modèle durable capable d’avaler les kilomètres sans broncher.

Pour aller plus loin et optimiser votre pratique, n’hésitez pas à consulter notre guide complet pour savoir comment choisir ses chaussures de running selon votre profil. Si vous cherchez à construire une rotation efficace, découvrez également notre sélection des meilleures chaussures pour sorties longues ainsi que notre dernier banc d’essai sur les chaussures d’entraînement avec plaque pour dynamiser vos séances de tempo.





